Pour une mise en contexte

Afin de baliser les échanges et guider la réflexion en préparation des rencontres, nous avons fait parvenir à chaque participant le texte qui suit. Nous croyons à-propos de vous présenter ce court texte en introduction à ce document.

Table de consultation et d’échanges techno-pédagogiques sous le thème «Les besoins des apprenants en formation à distance. Quels besoins?».

Pour mieux situer le contexte de nos échanges, nous proposons, sous forme de questions et de citations, quelques axes de réflexion qui pourront être explorés plus à fond lors de la rencontre à laquelle vous êtes convié.

Les besoins, quels besoins ? Interrogation perpétuelle, chimère, justification de programmes, occasion de nombreux gargarismes intellectuels, études savantes et coûteuses, etc. Voilà quelques-uns des mots qu’évoque le terme besoin en éducation. Voici une petite fable éducative pour replacer ce concept de besoin.

Le Soupirant à une comtesse récalcitrante : « Madame la Comtesse, comment pouvez-vous douter de moi ainsi ? Je m’abreuve et me nourris de vos paroles et de vos moindres gestes. Votre présence, seule me rassure. En votre compagnie, je fréquente les grands de ce monde. Votre admiration sincère pour mes talents me comble de joie. Vos largesses et vos bontés font de moi le meilleur des hommes.. »

Vous aurez sans doute ici relié cette métaphore à la hiérarchie des besoins de Maslow. Mais au fait, qu’est-ce qu’un besoin ? Qu’en est-il ?

Le besoin est un déséquilibre qui correspond à un manque pour le fonctionnement d’un système [.]. Le rétablissement de cet équilibre doit se faire dans une direction permettant de satisfaire le besoin identifié [.]. Le besoin désigne un état de déséquilibre d’un système, à tous les niveaux concevables d’un contexte. Comme l’expression des besoins s’explicite en désir, il est important pour le formateur de composer avec cette force motivationnelle (le désir), s’il veut satisfaire les besoins de façon significative. (Montpellier, 1958)

Selon Ouellet (1983), le besoin est une chose et la façon d’y répondre en est une autre. L’analyse des besoins repose sur l’idée qu’un programme devrait d’abord servir les besoins des clients et non pas les besoins du personnel, de la politique, de l’organisation.

L’analyse de besoins représente donc la déficience, fait ressortir le déséquilibre du système, tandis que la force motivationnelle représente la façon de résoudre les besoins, l’orientation. Le besoin, si l’on veut, c’est la rivière qu’il faut traverser et il faut décider par quels moyens on peut y arriver. La force motivationnelle, ou le désir, est le courant de la rivière. On imagine mal une personne qui entreprend de traverser une rivière sans composer avec le courant.

Le besoin, sans la volonté, sans le désir de changer et de participer, aboutit à un faux problème. C’est la moitié de la solution. Lavelle (1955) souligne que préférer, c’est choisir. Mais encore faut-il choisir en respectant le niveau d’évolution réelle des gens impliqués. Et vous.

•  Comment tenez-vous compte des besoins des apprenants ?
•  Comment faites-vous pour identifier les besoins inconscients des apprenants?
•  Comment transiger avec les besoins identifiés par les apprenants et non perçus par les formateurs ?
•  Comment tenir compte du besoin (écart) à combler et comment faire participer (la force motivationnelle) l’apprenant au     changement ?
•  Comment distinguer entre les besoins perçus par l’apprenant et les besoins réels de celui-ci ? Doit-on faire cette distinction ?

Voilà, très brièvement, quelques pistes qui pourraient baliser l’échange prévu, sans pour autant le censurer. Toute autre piste permettant d’enrichir l’échange sera aussi, bien sûr, également bienvenue. Nous terminons en vous laissant sur cette pensée de Jean Rostand (1967) :

« La seule prospective qui m’intéresserait serait celle de l’affectivité. [.] Quelles seront pour l’homme, les nouvelles raisons de vouloir et d’agir ? Où puisera-t-il le courage d’être ? »

Salutations cordiales.

Thérèse Lamy et Michel Richer pour le REFAD

Comptes-rendus des audioconférences

Mise en garde :

Les lecteurs doivent être conscients qu’il s’agit ici bel et bien de « comptes-rendus » et non d’une transcription mot à mot des discussions. Les propos des intervenants ont été rapportés de façon à refléter le plus fidèlement possible le sens de leurs interventions. La lecture des comptes-rendus doit tenir compte du fait qu’il s’agissait d’échanges dans un mode oral, dans une formule « débat-échanges », et non de propos prévus nécessairement pour une publication écrite. Ainsi, le contenu pourrait paraître parfois incertain et quelques déclarations peuvent sembler plus imprécises que dans un texte prévu pour la publication. En contexte, ceci apparaît comme une propriété, plutôt naturelle, du présent passage de l’oral à l’écrit.

Nous prions également les lecteurs de tenir compte des dates des interventions. Effectivement, le monde des technologies et des environnements d’apprentissage à distance évolue rapidement et les partenariats, projets, situations auxquels peuvent faire référence les intervenants ont un caractère très évolutif. Or, quatre mois séparent la première audioconférence de la seconde. Il peut donc arriver qu’à l’automne 2004, un intervenant parle d’une situation en devenir alors qu’un autre, au printemps, en parlera au passé. Cela est dû non pas à une inconstance des personnes concernées, mais bien au simple passage du temps…