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Collège Boréal

Table d'échanges d'expertises et d'expériences pédagogiques en formation à distance
ÉDITION 2000-2001

Raymond Guy et Louise Gervais
Collège Boréal
21, boulevard Lasalle
Sudbury (Ontario)
P3A 6B1

Courriel : rayguy@borealc.on.ca
Site Web : http://www.borealc.on.ca

Quelques mots sur le contexte...

Dans le nord de l'Ontario le Collège Boréal œuvre dans un milieu linguistique minoritaire.  Le Collège a établi sept campus pour rejoindre les communautés francophones à distance.  Au départ, on a beaucoup misé sur la vidéo et l'audioconférence.  En faisant passer une grande gamme de cours par ces outils, on a vite constaté qu'il y avait une limite à la communication.  Ces limites portaient surtout sur l'approche pédagogique, sur l'andragogie et la communication en groupe dûes au fait que les étudiants sont répartis de façon inéquitable.  Pour améliorer la situation on a intégré l'utilisation de l'ordinateur portatif qui permet notamment l'accès à Internet.

Une nouvelle culture...

Bien qu'Internet ne soit présent dans le monde de l'éducation que depuis 5 ou 6  ans, on constate une différence de culture entre les nouveaux utilisateurs et les pédagogues établis.  On constate qu'il faut nécessairement effectuer des adaptations à la pédagogie.

La grande problématique  rencontrée, c'est qu'à chaque fois qu'il y avait une nouvelle technologie, on misait sur celle-ci pour essayer de tout transférer.  Maintenant, avec du recul, on voit plutôt l'importance d'avoir une approche plus holistique.  Il faut voir l'ensemble de ces technologies pour favoriser la communication.  Le jumelage des technologies permet incidemment de se servir des forces de l'une pour remédier aux lacunes de l'autre.  Il ne faut donc pas négliger les anciennes technologies : le téléphone, le télécopieur et l'imprimé.  Celles-ci sont des ressources toujours très utiles.  On doit aussi noter ici que la disponibilité de matériel en français est toujours assez problématique... mais l'utilisation d'outils de recherche vient pallier à cette difficulté et facilite la tâche dans une large mesure.

À propos de l'apprentissage...

Chez nous, en Ontario, on parle beaucoup de résultats d'apprentissage.  Nous définissons cet apprentissage comme étant une interaction qui permet aux apprenants de recueillir des informations, de les interpréter, de les manipuler pour en faire une utilisation contextualisée tout en démontrant des changements de comportements et d'attitudes.  Donc le savoir, le savoir-être et le savoir-faire.  À distance, on n'a pas toujours la capacité d'observer directement l'apprenant pour noter ses cheminements.  C'est pour cette raison que nous souhaitons préconiser différents types d'interactions pour atteindre les différents niveaux d'apprentissage attendus.  Notre modèle  pédagogique mise sur la dépendance, l'indépendance et l'interdépendance.  Nos apprenants sont évidemment dépendants d'une certaine technologie et ils veulent aussi dépendre de l'expertise qu'on leur offre.  C'est une des principales raisons pour laquelle ils viennent nous voir.  Mais tout l'aspect de l'interdépendance et de l'indépendance implique des niveaux de communications différents entre les apprenants.  On croit ici que l'expérience acquise par un apprenant peut être partagée.

Les limites technologiques...

On voit parfois qu'une grande quantité d'informations est dirigée, à sens unique, vers l'apprenant.  Une telle masse d'informations finit par inonder ou dépasser la capacité d'intégration de l'individu.  Il y a alors surcharge cognitive.  Il faut bien encadrer l'apprenant afin d'identifier ce qui est pertinent et ce qui l'est moins.  Il faut aussi considérer l'aspect comportement quand il est question des résultats d'apprentissage.  Souvent dans le secteur privé, on cherche à mesurer une transformation dans le comportement.  On veut connaître la capacité de l'apprenant à pouvoir faire quelque chose.  Nous intégrons donc un « enchaînement » à notre apprentissage de base (les savoirs) pour qu'il y ait passage à une application en contexte.  Pour évaluer ce passage, il y a création de grilles pour documenter le changement chez l'apprenant.  Finalement, mentionnons que le travail de groupe ainsi que les échanges fréquents et les discussions permettent de confronter des idées et de faire une réelle construction du savoir qui prend tout son sens en contexte.  Les interactions de communications occupent donc une grande place, on le constate, dans notre approche pédagogique.

Facteurs influençant la qualité de la communication...

    Le temps.
    L'interaction.
    L'accessibilité.
    Le design pédagogique.

Il faut se donner du temps pour bien faire les choses à l'intérieur des enveloppes temporelles disponibles (comme une session par exemple).  La communication synchrone et le travail de groupe entre les classes  permettent de maximiser l'interaction.  Il faut évidemment bien choisir les outils en fonction des types de communications préconisés.  Sur le plan de l'interaction, nous misons beaucoup sur Internet pour surmonter les problèmes.  Les outils d'enquête permettent maintenant d'aller chercher l'opinion et d'obtenir un consensus.  L'utilisation d'applets ou encore le fait de lancer une question sur le tableau blanc ou sur le « chat »  est  aussi un moyen utile pour atteindre les objectifs visés.  Quant à l'accessibilité, il est important de mettre en place d'importantes ressources et c'est précisément ce que nous faisons.  Finalement, au niveau du  design pédagogique, on doit investir beaucoup pour motiver nos apprenants et pour bien les encadrer.  La relation professeur-apprenant est à cet égard essentielle.

Deux mots pour conclure...

Il faut se poser les questions de base et toujours y revenir :

  • Quel est l'apprentissage ciblé ?
  • Quels outils devrait-on utiliser pour faciliter la communication et l'interaction ?
  • Pense-t-on toujours en fonction du résultat d'apprentissage ?
  • Accompagne-t-on nos apprenants dans le choix des bons outils ?

 

Rapport

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Mise à jour: 4/3/2002