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Université Laval

Philippe Marton
Professeur titulaire, Technologie éducative, Faculté des sciences de l'éducation
Directeur de GRAIM
Groupe de recherche sur l'apprentissage multimédia interactif (GRAIM)
Université Laval
Québec, Québec
http://www.fse.ulaval.ca/graim/

Courriel : philippe.marton@fse.ulaval.ca

GRAIM et le projet LAMI

Le GRAIM (Groupe de recherche sur l'apprentissage multimédia interactif) date de 1983 mais s'intéresse au multimédia surtout depuis 1993. "Le" projet important est surtout LAMI, l'apprentissage multimédia interactif à l'Université Laval. [voir document "Téléapprentissage, autoformation multimédiatisés et les nouvelles technologies de l'information et de la communication", Conférence internationale sur les collectivités ingénieuses, Summerside (Île-du-Prince-Édouard), Canada, octobre 1999]. On y a développé une quarantaine de prototypes multimédias, surtout en médecine. On cherche surtout à trouver des situations nouvelles d'intégration et d'exploitation visant le multimédia et les nouvelles technologies.

À ce jour, on a préféré utiliser le CD-ROM à cause de la vitesse de transmission et des possibilités techniques plus limitées de l'Internet. Cependant, à court terme (un ou deux ans), on pense que les contenus pourront être accessibles sur l'Internet.

L'équipe travaille avec le professeur au développement de SAMI (systèmes d'apprentissage multimédia interactif). L'approche adoptée est très claire à l'effet qu'on n'utilise pas les technologies pour les technologies. On cherche à développer des documents pédagogiques interactifs pour la formation et l'apprentissage à distance et individualisé. La composante "à distance" est particulièrement adaptée à la situation professionnelle des médecins en formation continue ou même des résidents qui doivent travailler dans les hôpitaux et qui peuvent ainsi réviser, revoir le contenu, travailler sur des études de cas, des résolutions de problèmes, etc. Pour assurer l'individualisation de la formation, les systèmes modélisent le comportement des étudiants (par exemple, le temps qu'a passé l'étudiant sur telle simulation, etc.). Ainsi le professeur peut voir lui-même comment s'est comporté chaque étudiant et peut donc adapter ses interventions.

Il faut bien réaliser que la multimédiatisation de la formation n'est surtout pas un problème technique. C'est avant tout un problème d'ordre pédagogique. Et c'est cet aspect (la pédagogie) que les recherches essaient d'améliorer. Grâce à l'expérience acquise, on peut maintenant bâtir du multimédia de façon systématique et systémique et arriver à de "bons" résultats, c'est-à-dire :

  • motiver la personne, l'intéresser ;
  • faire des choix efficaces par rapport aux objectifs fixés ;
  • économiser temps et argent.

Le projet CAMITÉ

Le projet CAMITÉ a été expérimenté pendant trois ans avec de petits groupes de dix étudiants (pour un total de soixante étudiants). [voir document " Ré-humanisation de la pédagogie au 1er cycle universitaire par une utilisation judicieuse des nouvelles technologies de l'information et de la communication (NTIC)", AUPELF-UREF, Colloque, Edmunston (N.-B.) Août 1999]. Le but principal du projet est de réorganiser l'enseignement sur campus et hors campus. Les expérimentations ont donné d'excellents résultats (par exemple, en redonnant aux étudiants six heures de contacts, d'échanges avec le professeur) et on veut maintenant implanter cette approche pour de grands groupes (200 à 250 étudiants) du premier cycle universitaire.

Le problème au premier cycle universitaire vient du fait que les étudiants sont le plus souvent en grands groupes et suivent leurs cours dans de grandes salles où le professeur est à l'avant (utilisant parfois des écrans avec projection de type PowerPoint © … de toute façon illisibles pour une bonne partie de la salle) et qu'en réalité rien ne change vraiment dans la façon d'enseigner. Or, on croit que les nouvelles technologies peuvent permettre de réorganiser l'enseignement de façon à ré-humaniser la pédagogie au premier cycle. On peut atteindre cet objectif en redonnant plus de contacts humains lorsque c'est possible, le reste pouvant se faire à distance, dans d'autres endroits du campus, etc. Le contact humain demeure très important.

Mais dans toute cette démarche, répétons que l'important demeure les fondements pédagogiques et les facteurs pédagogiques qui doivent être sous-jacents à la démarche. L'aspect technique n'est pas un problème. Certes, au fur et à mesure que la technologie se développe, il faut aller la chercher et l'utiliser. Les informaticiens, les infographistes, ou autres techniciens reliés aux technologies font partie intégrante des équipes de production. Mais toute cette démarche de production est premièrement et avant tout une démarche pédagogique, du "design" pédagogique, et c'est à ce niveau que le travail est fait avec les professeurs (spécialistes de contenu), lesquels demeurent toujours maîtres de la démarche adoptée dans leur cours.

Références:

DEPOVER, C.H., GIARDINA, M., MARTON, P.H., Les environnements d'apprentissage multimédia, Éditions L'Harmattan, 1998, Paris

HARVEY, Denis, La multimédiatisation en éducation, Éditions L'Harmattan, 1999, Paris.

 

Rapport

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Mise à jour: 4/3/2002