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Université Laval

Table d'échanges d'expertises et d'expériences pédagogiques en formation à distance
ÉDITION 2000-2001

Carole Berger

Site Web : http://www.ulaval.ca/

Mise en contexte

Les propos d'aujourd'hui se situent dans le cadre des activités de formation de l'université Laval où l'on offre, en plus des cours sur campus, des programmes complets à distance, en format papier, par Internet et à la télévision.  Il y a des cours de premier cycle et de deuxième cycle, des MBA entièrement offerts à distance ainsi que d'autres cours non crédités, donc sans diplôme mais avec  une attestation d'étude.  Pour documenter cette courte présentation, des entrevues ont aussi été menées auprès d'étudiants afin de compléter mon expérience personnelle d'étudiante à distance.  S'ajoute à cela, ma propre pratique de professeur dans des cours pour lesquels il y avait des étudiants inscrits à distance ainsi que des rencontres avec d'autres professeurs enseignant à distance.

 Qu'en est-il de la demande en FAD à l'université Laval ?

Un renversement complet est en train de se produire.  La demande de cours à distance est en nette augmentation.  Ce qui est étrange, c'est d'où viennent  maintenant ces demandes.  Il y a trois ou quatre ans, les demandes venaient principalement de différentes régions de la province de Québec.  Maintenant, le plus grand nombre de demandes vient des étudiants qui sont sur le  campus, donc des étudiants réguliers.  C'est tellement vrai, que certains cours, à la demande expresse des étudiants, ne se donnent plus sur campus mais bien uniquement à distance.  En terme de statistiques, les demandes  proviennent maintenant à 70% d'étudiants sur campus et à 30% d'étudiants de l'extérieur.  Quand on parle de l'extérieur, il peut s'agir tout autant d'Haïti, du Kosovo, de la Suisse, de la France, de la Suède, de la Belgique, du Nouveau-Brunswick que de l'Ontario et des États-Unis, en autant que ces demandes soient faites pour de la formation en langue française.

Des types de formation...

Quand on parle des types de formation, il est  surtout question des modalités de prestation et du support utilisé.

  1. Commençons par le papier.  Nous offrons encore beaucoup de cours à distance qui sont uniquement papier.  Même si le point de vue qui suit semble peut-être un peu mercantile, il n'en est pas moins  négligeable.  Les administrateurs qui ne sont pas nécessairement habitués aux cours à distance sont portés à juger les choses différemment que pour les cours en classe.  À titre d'exemple, un cours où il y aura 150 étudiants inscrits à la version papier se verra attribuer une seule ressource d'encadrement.  Pour le même nombre d'inscriptions, un cours en classe profitera de trois charges de cours, soit trois groupes pour un  enseignant ou trois enseignants pour se diviser l'ensemble des étudiants.  Les administrateurs devront donc éventuellement s'ajuster à la formation à distance.

    En ce qui concerne l'encadrement de ceux qui optent pour un cours papier, mentionnons qu'ils reçoivent une lettre de bienvenue, le plan du cours, la liste du matériel à se procurer, une fiche calendrier ainsi que l'explication de l'encadrement offert.  Un support  téléphonique est offert et, curieusement, il n'y a que très peu d'appels de la clientèle qui utilise les cours papier.  Les appels reçus touchent surtout les aspects administratifs (dates, frais…).  Les étudiants sur campus qui ont été interrogés identifient que le choix de ce mode de prestation est surtout privilégié à cause de la liberté (économie de temps et de coûts de déplacement) qui est offerte.  Quand on pousse un peu plus loin, plusieurs d'entre eux indiquent aussi qu'ils croyaient que ces cours offerts à distance étaient plus faciles à réussir.  L'expérience démontre que ce n'est pas le cas.  Après avoir suivi un cours à distance, ils ne tiennent plus ce discours.  Les professeurs, de leur côté, mentionnent qu'ils se sentent bien plus comme des gestionnaires de cours que comme des enseignants.  La fonction « transmission d'informations » semble occuper une très grande place.  Ils en voient cependant  fort bien l'utilité pour différents types d'apprenants.
     
  2. Il y a aussi des cours uniquement offerts sur Internet.  Pour ces cours, la clientèle se divise à 60% d'étudiants campus et 40% d'étudiants de l'extérieur.  À chaque session depuis trois ans, la demande augmente  de façon significative.  Les professeurs disent qu'ils ont deux fois plus de travail que pour un cours en classe.  Dans les faits, on est obligé de constater que l'attitude du professeur est en relation directe  avec le dynamisme d'un cours sur Internet.  Cela s'observe plus particulièrement par l'utilisation des forums.  On note qu'un professeur dynamique et impliqué reçoit en moyenne 800 courriels de la part de 40  étudiants à l'intérieur d'une même session.  C'est énorme, mais ça bouge.  Paradoxalement, ces professeurs très impliqués avec Internet, nous disent qu'ils préfèrent donner des cours en salle de classe!  La  gratification et le « feedback » immédiat en seraient les principales raisons.  C'est le côté humain qui a ici préséance.

    Ces professeurs identifient aussi des critères de succès pour les cours sur  Internet.  Il y a ici consensus sur la nécessité de bien structurer les contenus afin de guider les étudiants dans leur progression d'apprentissage.  L'étudiant doit avoir une vue d'ensemble de toute la matière,  avec toutes les étapes à travers lesquelles il devra passer (travail à faire, lecture à compléter, évaluations…).  L'interaction fait partie du processus.  Certains professeurs vont même jusqu'à créer des  controverses sur des forums pour amener l'étudiant à interagir, à réfléchir et à se positionner.  Les professeurs sont aussi unanimes à dire que les forums, en invitant les étudiants à réagir par écrit, amènent une  plus grande qualité et une profondeur dans les messages.  Ils sont aussi très surpris de constater que l'utilisation d'Internet favorise indéniablement le développement et l'articulation de la pensée et le cheminement intellectuel chez les étudiants.  L'asynchrone donne aussi du temps à l'étudiant pour réfléchir, pour ensuite déposer une opinion de meilleure qualité dans les forums.  On observe que dans les forums la gêne  s'évanouit et que, parce que les écrits restent, on y met un peu plus d'efforts.  À noter également que les étudiants qui ont suivi un cours sur Internet recherchent souvent à se rencontrer à la fin du cours parce qu'ils ont déjà l'impression de se connaître et souhaitent mettre un visage sur un nom.  Sous cet angle, il n'est pas certain qu'Internet divise les gens...
     
  3. Deux autres combinaisons de support sont également à prendre en considération : «télévision et papier» ainsi que « télévision et Internet ».  On parle ici d'approche bi-modale.  On pourra se pencher un peu sur ces  approches dans une autre communication, mais soulignons ici une observation qui surprend...  Les professeurs constatent que lorsque les étudiants utilisent plusieurs supports complémentaires (papier, Internet, télévision) et que l'on fait passer exactement le même examen, ceux qui ont utilisé d'une façon ou d'une autre Internet obtiennent de meilleurs résultats.  Cela invite à fouiller plus à fond la question.

 

Rapport

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Mise à jour: 4/3/2002